Le jumeau numérique de santé
La prochaine grande conquête sanitaire se fera en amont de la maladie.
L’essentiel
Mon espace santé deviendra un véritable jumeau numérique : un dossier vivant et structuré, fondé sur des formats interopérables, réunissant l’ensemble du parcours de santé de chacun. Enrichi, avec consentement, des données d’objets connectés, il permettra alertes personnalisées, rappels de dépistage et détection des interactions médicamenteuses. Des protections gravées dans la loi et une médiation humaine garantiront qu’il serve la prévention sans creuser les inégalités.
Le constat
Notre médecine excelle à réparer, mais elle arrive souvent trop tard. Les maladies chroniques, du diabète aux cancers en passant par les maladies cardiovasculaires, se construisent silencieusement pendant des années où presque tout est encore évitable. La prochaine grande conquête sanitaire ne se fera pas seulement à l’hôpital, mais en amont de la maladie.
Ce que nous ferons
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Un jumeau numérique vivant
Transformer Mon espace santé en un dossier vivant et structuré réunissant historique médical, biologie, imagerie, traitements, vaccinations et actions de prévention.
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Des formats interopérables
Fonder ce dossier sur les standards internationaux et l’identité nationale de santé, afin que les logiciels sachent se transmettre les données.
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Intégrer les objets connectés
Ajouter, avec le consentement explicite, granulaire et révocable de la personne, les données d’objets connectés : tension, glycémie, sommeil, activité.
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Prévention personnalisée
Fournir des alertes personnalisées, des rappels de dépistage au bon moment et la détection des interactions médicamenteuses.
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Médiation humaine de prévention
Porter la prévention numérique vers ceux qui en sont éloignés grâce à des médiateurs humains : infirmiers de prévention, maisons de santé, France Services.
Les garanties
- Interdiction pénale absolue d’accès aux données pour les assureurs, les banques et les employeurs, inscrite dans la loi.
- Consentement explicite, granulaire et révocable de la personne pour l’ajout des données d’objets connectés.
- Extension du droit à l’oubli, déjà conquis pour les anciens malades du cancer face aux assurances.
- Hébergement certifié et souverain des données de santé.
- Accompagnement par des médiateurs humains pour que la prévention numérique ne creuse pas les inégalités.
Coûts, financements, gains attendus
Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.
- Financement
2 Md€ du Ségur déjà engagés pour le numérique en santé
Selon la Cour des comptes, le Ségur de la santé lancé en juillet 2020 représente 19 milliards d’euros d’investissement sur dix ans, dont 2 milliards consacrés aux services numériques. C’est le socle de financement sur lequel s’appuie Mon espace santé, dont la Cour juge que les conditions de réussite restent à réunir.
- Coût
9 560 € par an : le coût moyen d’un patient en affection de longue durée
L’Assurance Maladie chiffre la dépense de santé moyenne d’un patient en affection de longue durée à 9 560 € par an, contre 1 230 € pour un patient hors ALD. Selon le même rapport, le nombre de bénéficiaires du dispositif ALD pourrait passer de 14,1 millions en 2023 à 18 millions à l’horizon 2035, d’où l’enjeu d’une prévention plus précoce.
- Coût
La prévention ne pèse que 2,6 % de la dépense de santé
D’après les comptes nationaux de la santé publiés par la DREES, les dépenses de prévention s’élèvent à 8,7 milliards d’euros en 2024, soit 2,6 % de la dépense courante de santé au sens international, laquelle atteint 333 milliards d’euros. C’est cette part modeste que la mesure entend renforcer en amont de la maladie.
Source : DREES, « Les dépenses de santé en 2024, résultats des comptes de la santé (édition 2025) », 2025
La maladie ne doit jamais devenir un score.
Le texte du manifeste
Mesure 8 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.
Notre médecine excelle à réparer ; elle arrive souvent trop tard. Les maladies chroniques, du diabète aux cancers en passant par les maladies cardiovasculaires, se construisent silencieusement pendant des années où presque tout est encore évitable. La prochaine grande conquête sanitaire ne se fera pas seulement à l’hôpital : elle se fera en amont de la maladie.
Nous ferons de Mon espace santé un véritable jumeau numérique : un dossier vivant et structuré réunissant l’historique médical, la biologie, l’imagerie, les traitements, les vaccinations et les actions de prévention, dans des formats interopérables fondés sur les standards internationaux et l’identité nationale de santé, car une donnée que les logiciels ne savent pas se transmettre est une donnée morte. Avec le consentement explicite, granulaire et révocable de la personne, pourront s’y ajouter les données d’objets connectés : tension, glycémie, sommeil, activité. Le jumeau permettra des alertes personnalisées, des rappels de dépistage au bon moment, la détection des interactions médicamenteuses, cette conciliation que le médecin pressé n’a pas toujours le loisir de refaire.
Mais nous connaissons le revers possible, et nous le barrons d’avance dans le marbre de la loi : interdiction pénale absolue d’accès pour les assureurs, les banques et les employeurs. La maladie ne doit jamais devenir un score. Le droit à l’oubli, déjà conquis pour les anciens malades du cancer face aux assurances, sera étendu. L’hébergement sera certifié et souverain. Et parce que la prévention numérique profite d’abord, spontanément, aux mieux portants et aux mieux dotés, elle sera portée vers les autres par des médiateurs humains (infirmiers de prévention, maisons de santé, France Services), faute de quoi elle creuserait les inégalités qu’elle prétend combler.