Chapitre IV · La santé

Une IA médicale publique

Ce que l’IA a fait pour les protéines, elle peut le faire pour le diagnostic et les traitements.

L’essentiel

Un Institut national de l’IA en santé, adossé à l’Inserm, au CEA, à Inria et aux CHU, mettra l’intelligence artificielle au service du diagnostic, des maladies rares, de la pharmacovigilance et de la recherche thérapeutique. Les modèles validés seront offerts gratuitement aux hôpitaux publics et aux médecins de ville, sur une infrastructure souveraine protégeant les données des Français.

Le constat

L’intelligence artificielle a résolu le repliement des protéines, énigme qui résistait depuis un demi-siècle, et peut transformer le diagnostic précoce, les maladies rares et la conception des molécules de demain. Toute la question est de savoir si ces avancées seront pilotées par la puissance publique au bénéfice de tous, ou brevetées loin de nous et revendues au prix fort.

Ce que nous ferons

  1. Créer l’Institut national de l’IA en santé

    Un institut adossé à l’Inserm, au CEA, à Inria et aux centres hospitaliers universitaires, chargé de quatre missions : diagnostic, maladies rares, pharmacovigilance et recherche thérapeutique.

  2. Développer l’aide au diagnostic

    Déployer l’IA en imagerie et dans le dépistage des cancers et des rétinopathies, domaines où les preuves cliniques s’accumulent.

  3. Raccourcir l’errance diagnostique

    Mobiliser l’IA sur les maladies rares pour réduire ces errances diagnostiques qui durent en moyenne plusieurs années.

  4. Instaurer une pharmacovigilance en temps réel

    Surveiller en continu les effets des médicaments à partir des données de remboursement.

  5. Accélérer la recherche thérapeutique

    Du criblage de molécules à la conception d’essais cliniques plus rapides et plus justes.

  6. Ouvrir gratuitement les modèles validés

    Les mettre à la disposition des hôpitaux publics et des médecins de ville, et en faire un multiplicateur du soignant dans les déserts médicaux.

Les garanties

  • Pseudonymisation robuste, environnements d’analyse sécurisés et recours croissant aux données synthétiques pour ouvrir la recherche sans exposer quiconque.
  • Hébergement des données de santé des Français sur une infrastructure souveraine qualifiée, hors de portée des lois extraterritoriales.
  • L’IA sera le multiplicateur du soignant, jamais son substitut : la décision restera médicale, et la responsabilité aussi.
  • Des clauses de juste prix dans les licences : ce que la solidarité nationale a financé ne sera pas revendu à la Sécurité sociale au prix fort.

Coûts, financements, gains attendus

Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.

Dans les déserts médicaux, l’IA sera le multiplicateur du soignant (pré-analyse, télé-expertise, priorisation), jamais son substitut : la décision restera médicale, et la responsabilité aussi.
Manifeste pour une République technoprogressiste

Le texte du manifeste

Mesure 9 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.

En quelques années, l’intelligence artificielle a résolu le repliement des protéines, une énigme qui résistait depuis un demi-siècle, et ouvert des continents à la biologie. Ce que l’IA a fait pour les protéines, elle peut le faire pour le diagnostic précoce, pour les maladies rares, pour les molécules de demain. La question est de savoir si ces avancées seront pilotées par la puissance publique au bénéfice de tous, ou brevetées loin de nous et revendues au prix fort.

Nous créerons un Institut national de l’IA en santé, adossé à l’Inserm, au CEA, à Inria et aux centres hospitaliers universitaires, avec quatre missions : l’aide au diagnostic (imagerie, dépistage des cancers et des rétinopathies, où les preuves cliniques s’accumulent) ; les maladies rares, pour raccourcir ces errances diagnostiques qui durent en moyenne plusieurs années ; la pharmacovigilance en temps réel sur les données de remboursement ; et la recherche thérapeutique, du criblage de molécules à la conception d’essais cliniques plus rapides et plus justes.

La méthode protégera les personnes : pseudonymisation robuste, environnements d’analyse sécurisés, et recours croissant aux données synthétiques pour ouvrir la recherche sans exposer quiconque. Les données de santé des Français seront hébergées sur une infrastructure souveraine qualifiée : le patrimoine sanitaire de la nation ne peut demeurer durablement sous des lois extraterritoriales.

Les modèles validés seront mis gratuitement à la disposition des hôpitaux publics et des médecins de ville. Dans les déserts médicaux, l’IA sera le multiplicateur du soignant (pré-analyse, télé-expertise, priorisation), jamais son substitut : la décision restera médicale, et la responsabilité aussi. Enfin, lorsque ces travaux déboucheront sur des traitements industrialisés, les licences comporteront des clauses de juste prix : ce que la solidarité nationale a financé ne sera pas revendu à la Sécurité sociale au prix fort.