L’industrie circulaire
La mine du XXIᵉ siècle est dans nos déchèteries : refermer la parenthèse de l’économie linéaire.
L’essentiel
La mesure fait du recyclage une industrie à part entière : des usines automatisées récupéreront batteries, métaux stratégiques, plastiques et équipements électroniques. Chaque tonne recyclée étant une tonne non importée, la circularité devient une politique de souveraineté autant que d’écologie, créatrice d’emplois locaux non délocalisables.
Le constat
Nos déchèteries recèlent un gisement considérable : un stock de smartphones contient, au gramme, plus d’or que bien des minerais. Or l’économie linéaire (extraire, produire, jeter) continue de prévaloir, alors qu’elle n’est qu’une parenthèse historique ouverte par l’énergie bon marché et l’insouciance. Cette dépendance aux matières importées expose la France, au moment où le règlement européen sur les matières premières critiques appelle une réponse.
Ce que nous ferons
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Hydrométallurgie des batteries
Bâtir des usines automatisées de recyclage des batteries, adossées aux gigafactories du Nord pour boucler la boucle sur place.
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Récupération des métaux stratégiques
Récupérer les métaux stratégiques et les terres rares contenus dans les aimants et les moteurs.
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Recyclage des plastiques
Déployer le tri optique des plastiques par vision artificielle, un recyclage mécanique amélioré et le recyclage chimique là où il s’impose.
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Démantèlement robotisé
Automatiser le démantèlement des équipements électroniques par des installations robotisées.
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Responsabilité des producteurs durcie
Durcir la responsabilité élargie des producteurs et fixer des objectifs contraignants de matière recyclée incorporée dans les produits neufs.
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Écoconception obligatoire
Rendre l’écoconception obligatoire : un produit impossible à démonter est un déchet différé.
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Consigne et réemploi
Développer la consigne et le réemploi pour réduire les déchets à la source.
Les garanties
- L’amont sera contraint autant que l’aval sera équipé, par des obligations légales pesant sur les producteurs (responsabilité élargie durcie, objectifs contraignants, écoconception obligatoire).
Coûts, financements, gains attendus
Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.
- Gain attendu
Près de 811 000 emplois déjà mobilisés par l’économie circulaire
Selon l’ADEME, l’économie circulaire mobilise 810 900 emplois en France, soit près de 3 % de l’emploi total. C’est un secteur créateur de valeur et d’emplois locaux, sur lequel la mesure propose de s’appuyer.
Source : ADEME, « Économie circulaire : définition, enjeux et concepts », 2025
- Gain attendu
Près d’un million de tonnes de DEEE collectées en France en 2021
Le registre de l’ADEME recense 994 805 tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques collectées en France en 2021, pour un taux de recyclage de 77 %. C’est l’ordre de grandeur du gisement annuel que la mesure propose de valoriser industriellement.
Source : ADEME, « Équipements électriques et électroniques : données 2021 », 2022
- Financement
Un fonds métaux critiques abondé de 500 millions d’euros par l’État
Dans le cadre de France 2030, l’État a annoncé en 2023 une contribution de 500 millions d’euros à un fonds d’investissement dédié aux minerais et métaux critiques, avec un objectif de levée de 2 milliards d’euros, investissement de l’État compris. Géré par InfraVia et opéré par la Caisse des Dépôts pour le compte de l’État, ce fonds a vocation à être investi par des partenaires privés, industriels comme financiers.
- Gain attendu
Objectif européen : 25 % de recyclage des matières stratégiques en 2030
Le règlement européen sur les matières premières critiques, applicable depuis le 23 mai 2024, fixe pour 2030 des niveaux de référence de capacité de l’UE d’au moins 10 % de sa consommation annuelle de matières premières stratégiques pour l’extraction, 40 % pour la transformation et 25 % pour le recyclage.
Chaque tonne recyclée est une tonne non importée : la circularité est une politique de souveraineté autant que d’écologie, et notre réponse au règlement européen sur les matières premières critiques.
Le texte du manifeste
Mesure 16 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.
La mine du XXIᵉ siècle est dans nos déchèteries : un gisement de smartphones contient, au gramme, plus d’or que bien des minerais. L’économie linéaire (extraire, produire, jeter) n’est pas une loi de la nature ; c’est une parenthèse historique, ouverte par l’énergie bon marché et l’insouciance. Nous la refermerons.
Nous bâtirons les usines automatisées du recyclage : hydrométallurgie des batteries, adossée aux gigafactories du Nord pour boucler la boucle sur place ; récupération des métaux stratégiques et des terres rares des aimants et moteurs ; tri optique des plastiques par vision artificielle, recyclage mécanique amélioré et chimique là où il s’impose ; démantèlement robotisé des équipements électroniques. Chaque tonne recyclée est une tonne non importée : la circularité est une politique de souveraineté autant que d’écologie, et notre réponse au règlement européen sur les matières premières critiques.
L’amont sera contraint autant que l’aval sera équipé : responsabilité élargie des producteurs durcie, objectifs contraignants de matière recyclée incorporée dans les produits neufs, écoconception obligatoire (un produit impossible à démonter est un déchet différé), développement de la consigne et du réemploi. Et nous le disons aux territoires : l’économie circulaire est, par nature, locale et non délocalisable. On ne recycle pas les déchets de Lille à Shenzhen. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois qualifiés, enracinés, qui n’attendent que l’infrastructure.