Chapitre VII · La transition écologique

Le transport décarboné

Rendre le kilomètre propre plus simple, plus fiable et moins cher que le kilomètre carboné.

L’essentiel

Le transport, premier poste d’émissions de la France, ne sera pas décarboné par la culpabilisation mais par la construction de l’alternative. Le train, financé comme la colonne vertébrale du transport décarboné, s’accompagnera du soutien aux transports de nouvelle génération à très basses émissions. L’hydrogène blanc de Lorraine, si l’exploration confirme les promesses, sera réservé aux usages où il est irremplaçable, sous maîtrise de la nation.

Le constat

Le transport est le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre de la France, et le plus rétif à la baisse. On ne le décarbonera ni par la culpabilisation des automobilistes, ni par la taxation de ceux qui n’ont pas d’alternative : on le décarbonera en construisant l’alternative.

Ce que nous ferons

  1. Une loi de programmation ferroviaire

    Financer le train à la hauteur de ce qu’il est, la colonne vertébrale du transport décarboné : régénération du réseau existant, sauvetage des petites lignes, relance du fret ferroviaire et des trains de nuit, poursuite des services express régionaux métropolitains, billettique simple et tarification lisible, avec une visibilité décennale.

  2. Les transports de nouvelle génération

    Soutenir l’émergence des transports à très basses émissions et faire de la France leur terre d’industrialisation : dirigeables de charge pour les territoires enclavés, propulsion par le vent dans le fret maritime, rétrofit électrique des véhicules existants.

  3. Un soutien concret aux jeunes filières

    Offrir à ces jeunes filières ce qui leur manque : de la commande publique, des zones d’expérimentation, et le capital patient du fonds souverain technologique.

  4. L’exploration de l’hydrogène blanc

    Accélérer l’exploration et la recherche sur le gisement lorrain d’hydrogène naturel, qui pourrait être le plus grand connu au monde, et encadrer son exploitation par des exigences environnementales strictes.

  5. Un hydrogène réservé aux usages irremplaçables

    Réserver cette ressource aux usages où elle est irremplaçable : l’industrie lourde, et les transports qui ne peuvent pas s’électrifier, du poids lourd longue distance à l’aviation.

Les garanties

  • L’exploitation de l’hydrogène naturel sera encadrée par des exigences environnementales strictes.
  • La nation gardera la maîtrise de cette ressource nationale, et une part de la rente alimentera le fonds souverain technologique.

Objectif mesurable

Rendre le kilomètre propre plus simple, plus fiable et moins cher que le kilomètre carboné.

Coûts, financements, gains attendus

Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.

On ne le décarbonera ni par la culpabilisation des automobilistes, ni par la taxation de ceux qui n’ont pas d’alternative : on le décarbonera en construisant l’alternative.
Manifeste pour une République technoprogressiste

Le texte du manifeste

Mesure 17 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.

Le transport est le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre de la France, et le plus rétif à la baisse. On ne le décarbonera ni par la culpabilisation des automobilistes, ni par la taxation de ceux qui n’ont pas d’alternative : on le décarbonera en construisant l’alternative. La règle est la même que pour l’énergie : rendre le kilomètre propre plus simple, plus fiable et moins cher que le kilomètre carboné.

Le train, d’abord, sera financé à la hauteur de ce qu’il est : la colonne vertébrale du transport décarboné. Régénération du réseau existant, sauvetage des petites lignes qui irriguent les territoires, relance du fret ferroviaire et des trains de nuit, poursuite des services express régionaux métropolitains (mesure 13), billettique simple et tarification lisible : une loi de programmation ferroviaire donnera à ce chantier la visibilité décennale qu’exige toute infrastructure, selon notre méthode.

Ensuite, la République soutiendra l’émergence des transports de nouvelle génération à très basses émissions, et fera de la France leur terre d’industrialisation. Les dirigeables de charge, où nos entreprises sont pionnières, peuvent transporter des tonnages lourds vers les territoires enclavés sans construire ni route ni piste ; la propulsion par le vent revient dans le fret maritime ; le rétrofit électrique donne une seconde vie aux véhicules existants. À ces jeunes filières, nous offrirons ce qui leur manque : de la commande publique, des zones d’expérimentation, et le capital patient du fonds souverain technologique (mesure 19).

Enfin, l’hydrogène. La France dispose, en Lorraine, de ce qui pourrait être le plus grand gisement connu d’hydrogène naturel au monde : un hydrogène dit « blanc », produit en continu par les réactions géologiques du sous-sol, qui se renouvelle à mesure qu’on l’extrait, et dont l’empreinte carbone serait sans commune mesure avec celle de l’hydrogène fabriqué à partir de gaz fossile. Si les campagnes d’exploration confirment les promesses, ce sera un événement énergétique majeur pour le pays. Nous accélérerons donc l’exploration et la recherche, encadrerons l’exploitation par des exigences environnementales strictes, et réserverons cette ressource aux usages où elle est irremplaçable : l’industrie lourde (mesure 12), et les transports qui ne peuvent pas s’électrifier, du poids lourd longue distance à l’aviation. Une ressource nationale de cette importance appelle enfin une règle de patrimoine : la nation en gardera la maîtrise, et une part de la rente alimentera le fonds souverain technologique (mesure 19).