Chapitre VII · La transition écologique

L’agriculture de précision

Ne pas remplacer le paysan, mais l’augmenter : la bonne dose, au bon endroit, au bon moment.

L’essentiel

La mesure met les outils de l’agriculture de précision au service des paysans : capteurs, irrigation pilotée, pulvérisation ciblée, robots de désherbage, imagerie satellite et sélection variétale. Les données agricoles seront organisées en coopératives dont l’agriculteur reste propriétaire, le conseil agronomique découplé de la vente d’intrants, l’équipement et la formation soutenus. L’objectif : moins d’eau, d’intrants et de charges, plus de rendement, de résilience et de marge.

Le constat

On demande aujourd’hui l’impossible à l’agriculteur : produire plus, plus propre, moins cher, sous un climat qui se dérègle. La précision est la seule sortie par le haut de cette triple injonction. La France accuse par ailleurs un retard considérable sur ses voisins méditerranéens en matière de réutilisation des eaux usées traitées.

Ce que nous ferons

  1. Déployer le champ intelligent

    Mailler les territoires de capteurs de sol et de stations météo, et piloter l’irrigation au plus près du besoin de la plante, complétée par la réutilisation des eaux usées traitées.

  2. Réduire drastiquement les herbicides

    Généraliser la pulvérisation ciblée qui détecte l’adventice avant de traiter, et soutenir par la commande publique les robots de désherbage mécanique, domaine où nos entreprises sont pionnières.

  3. Anticiper maladies et sécheresse

    Mobiliser l’imagerie satellite et les drones pour repérer maladies et stress hydrique avant l’œil nu, et accélérer la sélection variétale pour des cultures qui résistent à la sécheresse.

  4. Créer des coopératives de données

    Organiser les données agricoles en coopératives : l’agriculteur en reste propriétaire et les mutualise à son profit, pour l’assurance, le conseil ou la recherche.

  5. Découpler conseil et vente d’intrants

    Séparer le conseil agronomique de la vente d’intrants, car nul ne doit être conseillé par celui qui lui vend le produit.

  6. Financer l’équipement et la formation

    Soutenir l’équipement par prêts bonifiés et suramortissement, et confier la formation aux lycées agricoles et à l’enseignement supérieur.

Les garanties

  • L’agriculteur reste propriétaire de ses données agricoles et les mutualise à son profit.
  • Nul équipementier ne capte les données agricoles en échange d’un tracteur.
  • Le conseil agronomique sera découplé de la vente d’intrants, car nul ne doit être conseillé par celui qui lui vend le produit.
  • Il ne s’agit pas de remplacer le paysan, mais de l’augmenter.

Objectif mesurable

Un résultat lisible dans les deux colonnes du compte d’exploitation : moins d’eau, moins d’intrants et moins de charges d’un côté ; plus de rendement, plus de résilience et plus de marge de l’autre.

Coûts, financements, gains attendus

Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.

Nous voulons une écologie qui enrichit celui qui la pratique.
Manifeste pour une République technoprogressiste

Le texte du manifeste

Mesure 15 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.

La plus ancienne des activités humaines rencontre la plus récente des sciences. Il ne s’agit pas de remplacer le paysan : il s’agit de l’augmenter. Car on lui demande aujourd’hui l’impossible : produire plus, plus propre, moins cher, sous un climat qui se dérègle. La précision est la seule sortie par le haut de cette triple injonction : mettre la bonne dose, au bon endroit, au bon moment, et rien de plus.

Nous déploierons les outils du champ intelligent : capteurs de sol et stations météo maillant les territoires ; irrigation pilotée au plus près du besoin de la plante, complétée par la réutilisation des eaux usées traitées, où la France accuse un retard considérable sur ses voisins méditerranéens ; pulvérisation ciblée détectant l’adventice avant de traiter, qui réduit drastiquement les herbicides ; robots de désherbage mécanique, un domaine où nos entreprises sont pionnières et méritent la commande qui les fera champions ; imagerie satellite et drones pour repérer maladies et stress hydrique avant l’œil nu ; sélection variétale accélérée pour des cultures qui résistent à la sécheresse.

Les données agricoles seront organisées en coopératives de données : l’agriculteur en reste propriétaire, les mutualise à son profit, pour l’assurance, le conseil ou la recherche, et nul équipementier ne les capte en échange d’un tracteur. Le conseil agronomique sera découplé de la vente d’intrants, car nul ne doit être conseillé par celui qui lui vend le produit. L’équipement sera soutenu par prêts bonifiés et suramortissement, la formation portée par les lycées agricoles et l’enseignement supérieur.

Le résultat attendu se lit dans les deux colonnes du compte d’exploitation : moins d’eau, moins d’intrants et moins de charges d’un côté ; plus de rendement, plus de résilience et plus de marge de l’autre. Nous voulons une écologie qui enrichit celui qui la pratique.