Le fonds souverain technologique
Le capital du futur ne doit pas appartenir seulement à ceux qui possèdent déjà le présent.
L’essentiel
À l’image du fonds norvégien bâti sur le pétrole, la France se dotera d’un fonds souverain technologique constitué des participations industrielles de l’État et des grands programmes d’investissement existants. Il entrera au capital des entreprises souveraines stratégiques et investira dans le temps long dans les technologies clés du siècle. Une fraction de ses rendements sera reversée chaque année aux citoyens sous forme de dividende, affecté au financement du revenu universel.
Le constat
La Norvège a transformé son pétrole en patrimoine commun et l’Alaska verse à chacun de ses habitants un dividende tiré de ses ressources. Notre gisement ne sera ni le pétrole ni le gaz, mais l’intelligence, l’énergie et la technologie. Or le capital du futur risque de n’appartenir qu’à ceux qui possèdent déjà le présent.
Ce que nous ferons
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Créer le fonds souverain
Regrouper les participations industrielles de l’État et les grands programmes d’investissement existants au sein d’un fonds souverain technologique, abondé dans la durée, notamment par le produit de la taxation renforcée des acteurs technologiques étrangers opérant sur le marché européen.
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Entrer au capital stratégique
Prendre des participations dans les entreprises souveraines stratégiques, de la jeune pousse au champion établi, pour accélérer leurs investissements d’infrastructure et ancrer en Europe la propriété des technologies clés.
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Investir dans le temps long
Investir en fonds propres là où se joue le siècle : intelligence artificielle, robotique, énergies décarbonées, biotechnologies, semi-conducteurs, quantique, spatial.
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S’articuler avec l’Europe
Agir en articulation avec les stratégies européennes, car aucune de ces batailles ne se gagne à l’échelle d’un seul pays.
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Verser un dividende citoyen
Reverser chaque année une fraction des rendements du fonds sous forme de dividende citoyen, affecté au financement du revenu universel.
Les garanties
- Une gestion professionnelle à l’abri des cycles électoraux.
- Un mandat et des grandes orientations votés par le Parlement.
- Une charte d’exclusions éthiques.
- Une transparence intégrale, avec un portefeuille consultable, un rapport public annuel et une performance comparée à des références de marché.
Coûts, financements, gains attendus
Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.
- Financement
Un socle existant : 209,1 milliards d’euros de participations publiques
Selon le rapport d’activité 2024-2025 de l’Agence des participations de l’État, l’État est présent au capital de 86 entités, pour un portefeuille valorisé à 209,1 milliards d’euros. Ces entreprises ont reversé plus de 6,5 milliards d’euros de dividendes à l’État sur la période 2024-2025.
- Financement
Taxe sur les services numériques : 0,75 à 0,8 milliard d’euros par an
La taxe française sur les services numériques, créée en 2019 au taux de 3 %, représente actuellement un produit annuel de 0,75 à 0,8 milliard d’euros, selon les travaux parlementaires du Sénat sur le projet de loi de finances pour 2026. C’est un ordre de grandeur de ce que la taxation des grands acteurs numériques rapporte déjà, avant tout renforcement.
- Gain attendu
Le précédent norvégien : environ 1 310 milliards d’euros d’actifs
Selon la direction générale du Trésor, le fonds de pension global norvégien, alimenté par les recettes pétrolières et gazières depuis les années 1990, atteignait environ 1 310 milliards d’euros d’actifs au 22 septembre 2023. Ce chiffre illustre le patrimoine collectif qu’un fonds souverain investi dans le temps long peut constituer.
Source : Direction générale du Trésor, « Le fonds de pension global norvégien », 2023
Le capital du futur ne doit pas appartenir seulement à ceux qui possèdent déjà le présent.
Le texte du manifeste
Mesure 19 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.
La Norvège a transformé son pétrole en patrimoine commun : son fonds souverain appartient à chaque Norvégien. L’Alaska verse chaque année à chacun de ses habitants un dividende tiré de ses ressources. Notre gisement à nous ne sera ni le pétrole ni le gaz : ce sera l’intelligence, l’énergie et la technologie. Le capital du futur ne doit pas appartenir seulement à ceux qui possèdent déjà le présent.
Nous créerons un fonds souverain technologique, constitué par le regroupement des participations industrielles de l’État et des grands programmes d’investissement existants, puis abondé dans la durée, notamment par le produit de la taxation renforcée des acteurs technologiques étrangers opérant sur le marché européen. Sa première mission sera de faire ce que le préambule annonce : entrer au capital des entreprises souveraines stratégiques, de la jeune pousse au champion établi, pour accélérer leurs investissements d’infrastructure et ancrer en Europe la propriété des technologies clés. Il investira, en fonds propres et dans le temps long, là où se joue le siècle : intelligence artificielle, robotique, énergies décarbonées, biotechnologies, semi-conducteurs, quantique, spatial. Il agira en articulation avec les stratégies européennes, car aucune de ces batailles ne se gagne à l’échelle d’un seul pays.
Sa gouvernance conjuguera indépendance et démocratie : une gestion professionnelle à l’abri des cycles électoraux, un mandat et des grandes orientations votés par le Parlement, une charte d’exclusions éthiques, et une transparence intégrale, avec un portefeuille consultable, un rapport public annuel et une performance comparée à des références de marché.
Et surtout, ce fonds aura un actionnaire ultime visible : le citoyen. Une fraction de ses rendements sera versée chaque année sous forme de dividende citoyen, affecté au financement du revenu universel. Ainsi la boucle du progrès se referme-t-elle : l’innovation finance la sécurité, et la sécurité rend possible l’audace.