La société de l’engagement
Si la machine libère du temps de travail, que ferons-nous de ce temps ? De la société.
L’essentiel
Le tissu associatif change d’échelle et de statut : il cesse d’être la variable d’ajustement des budgets pour devenir un pilier reconnu de la société, à mesure que le travail salarié devient moins central. Chaque citoyen est incité à s’impliquer, avec un engagement reconnu dans le portefeuille national des compétences, valorisé dans les parcours professionnels et les concours publics, et facilité par des congés d’engagement élargis. L’engagement reste un choix libre : il ne conditionne aucun droit social.
Le constat
Si la machine libère du temps de travail, la question du siècle devient : que ferons-nous de ce temps ? Il existe un secteur entier où l’humain est irremplaçable par construction, où la demande est infinie et où la France dispose déjà d’un maillage exceptionnel : le monde associatif. Aider, transmettre, entraîner, secourir, visiter, réparer, cultiver, jouer, chanter : aucune de ces activités ne sera jamais mieux faite par une machine, parce que leur valeur est précisément d’être faites par quelqu’un.
Ce que nous ferons
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La reconnaissance de l’engagement
Reconnaître l’engagement associatif dans le portefeuille national des compétences (mesure 7), le valoriser dans les parcours professionnels et les concours publics, et le faciliter par des congés d’engagement élargis.
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Un financement pluriannuel
Remplacer la course annuelle aux subventions qui épuise les bénévoles en paperasse par un financement pluriannuel ; l’administration invisible (mesure 2) vaudra aussi pour les associations.
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L’accès aux infrastructures publiques d’IA
Donner aux associations accès aux infrastructures publiques de l’intelligence artificielle (mesure 4) pour se libérer de leurs tâches de gestion et se consacrer à leur raison d’être.
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Des votations sur les fonds associatifs locaux
Consacrer une part des journées nationales de votation (mesure 11) aux choix d’affectation des fonds associatifs locaux, pour que les citoyens décident de ce qui se fait près de chez eux.
Les garanties
- L’engagement restera un choix libre.
- Il ne s’agit pas de remplacer l’État social par la bonne volonté, ni de faire du bénévolat une condition des droits sociaux.
Coûts, financements, gains attendus
Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.
- Gain attendu
Le bénévolat représente l’équivalent d’environ 587 000 emplois à temps plein
Selon l’INJEP, les 21 millions de participations bénévoles recensées en France représentent un volume de travail de l’ordre de 587 000 emplois en équivalent temps plein, le sport concentrant près d’un tiers de ce volume. C’est cette richesse de temps donné que la mesure entend reconnaître et valoriser.
Source : INJEP, « Les chiffres clés de la vie associative 2023 : bénévolat », 2024
- Gain attendu
Un secteur qui emploie 1,9 million de salariés, soit 8,9 % de l’emploi privé
D’après l’INJEP, l’emploi associatif concerne en 2023 quelque 153 600 établissements et 1 900 000 salariés, soit 8,9 % de l’emploi du secteur privé. Le monde associatif constitue donc déjà un poids économique et social majeur, avant même la valorisation du temps bénévole.
Source : INJEP, « Les chiffres clés de la vie associative 2023 : emploi et salaire », 2024
- Financement
FDVA : 33,1 millions d’euros de crédits budgétaires prévus pour 2026
Selon l’avis budgétaire du Sénat sur le projet de loi de finances pour 2026, le Fonds pour le développement de la vie associative est doté de 8,1 millions d’euros (formation des bénévoles) et de 25 millions d’euros (fonctionnement et innovation), montants stables complétés par une quote-part des comptes bancaires inactifs. C’est l’ordre de grandeur du soutien direct actuel de l’État, que la mesure propose de transformer en financement pluriannuel.
Source : Sénat, « Projet de loi de finances pour 2026 : avis Jeunesse et vie associative », 2025
Le temps donné doit compter, dans tous les sens du terme.
Le texte du manifeste
Mesure 22 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.
Si la machine libère du temps de travail, la question du siècle devient : que ferons-nous de ce temps ? Nous répondons : de la société. Car il existe un secteur entier où l’humain est irremplaçable par construction, où la demande est infinie et où la France dispose déjà d’un maillage exceptionnel : le monde associatif. Aider, transmettre, entraîner, secourir, visiter, réparer, cultiver, jouer, chanter : aucune de ces activités ne sera jamais mieux faite par une machine, parce que leur valeur est précisément d’être faites par quelqu’un.
Nous voulons que le tissu associatif change d’échelle et de statut : qu’il cesse d’être la variable d’ajustement des budgets pour devenir un pilier reconnu de la société, à mesure que le travail salarié devient moins central. Chaque citoyen sera incité à s’impliquer : l’engagement associatif sera reconnu dans le portefeuille national des compétences (mesure 7), valorisé dans les parcours professionnels et les concours publics, et facilité par des congés d’engagement élargis. Le temps donné doit compter, dans tous les sens du terme.
Concrètement : un financement pluriannuel remplacera la course annuelle aux subventions qui épuise les bénévoles en paperasse (l’administration invisible, mesure 2, vaudra aussi pour les associations) ; les associations auront accès aux infrastructures publiques de l’intelligence artificielle (mesure 4) pour se libérer de leurs tâches de gestion et se consacrer à leur raison d’être ; et une part des journées nationales de votation (mesure 11) pourra être consacrée aux choix d’affectation des fonds associatifs locaux, pour que les citoyens décident de ce qui se fait près de chez eux.
Nous posons une garantie de principe : l’engagement restera un choix libre. Il ne s’agit pas de remplacer l’État social par la bonne volonté, ni de faire du bénévolat une condition des droits sociaux ; il s’agit de donner à ceux qui veulent servir les moyens de le faire, et à la société la richesse de leur temps.